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Samedi 12 juillet : 6 h30, c'est l'effervescence
à la gare routière de Toulouse. C'est le départ pour la Grande Traversée
des Pyrénées. Après 4 heures de route, Jackie gare son autobus devant
la plage d'Hendaye.
LE
PAYS BASQUE -
9 jours d'Hendaye à Larrau.
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Photos
du départ devant l'océan puis devant le point 0 du GR 10.
Nous
demarrons à midi par la baie de Chingoudy. En face, Fontarabie apparaît
malgré une brume de chaleur. Il fait chaud et lourd. Sur le bitume,
les pieds chauffent déjà.
A Biriatou, le sentier prend la place de la route et l'on s'élève
vers le Xoldokogaïna, premier sommet de notre périple à 486 m.
Nous
faisons des pauses toutes les 30 minutes pour boire car la chaleur
devient vite étouffante. En trois heures nous avons avalé chacun
2 litres d'eau. Nous accèlerons le pas en apercevant les ventas
et le bar du col d'Ibardin. L'étape 1 est bouclée en sirotant une
menthe à l'eau...
...La
Traversée vient de démarrer.
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Dimanche
13 juillet : Du col nous descendons dans la forêt basque avant
de rejoindre la crête d'Arlepoa. Nous apercevons le sommet de la Rhune
(905m) avant que la brume ne l'envahisse, rafraîchissant ainsi l'atmosphère.
Le soleil réapparaît au col de Ziskuitz où nous rejoignons la frontière.
Tout près du sommet, nous découvrons les empilements de grès rose typique
du massif. La chaleur s'accentue mais le moral est bon. Enfin le sommet
et sa cohorte de touristes grimpés ici grâce à un train à crémaillère.
Nous profitons du pamorama avant de redescendre à Sare dans la brume.
Ces 2 journées nous permettent une remise en jambes. En effet, nous disposons
d'un bus pour transporter nos affaires. Les sacs sont ainsi plus légers.
Lundi
14 juillet : Les sacs se sont alourdis. Ils pèsent chacun entre
12 et 15 kilos. Pas de bus ce soir, l'itinéraire en autonomie commence.
Entre Sare et Ainhoa, nous randonnons dans "le Labourd". Les maisons basques
traditionnelles sont superbement entretenues (angles de murs en pierre
de taille, façades blanchies, fleurs....) Et les villages très propres.
Les ondulations du relief rappellent plus l'Auvergne que les Pyrénées
et Aline se plaît à nous rappeler que nous sommes bien dans les montagnes
du Sud. La montée au calvaire qui fait suite est bien raide, mais le repas
pris près de la chapelle d'Arartzet requinque l'équipe. Les groupes de
Claude et François qui rentrent ce soir à Toulouse, nous rejoignent. Quelques
minutes partagées, des encouragements, des poignées de mains, quelques
bises et nous redémarrons vers le col des Veaux. Le soleil apparaît alors
que nous marchons sous un ciel gris depuis ce matin. Dans le ciel des
vautours surveillent un troupeau de moutons. Charognards plutôt craintifs,
ils n'hésitent plus à s'attaquer aux agneaux récemment nés ou aux brebis
qui mettent bas. 30 agneaux ont péri ainsi l'année dernière nous confirme
Mme Urdangarin, sympathique gardienne du gîte.
Mardi
15 juillet :
Lever 5 heures sous un ciel clair. 6 h30 c'est le départ pour une des
plus longues journées de la semaine. Nous atteignons le col de Mehatché
lorsque le soleil illumine la montagne. Les moutons paissent paisiblement.
Nous franchissons le col et je tourne à droite suivant la rive droite
d'un talweeg. Confiant, je progresse dans les fougères et me laisse piéger
par l'itinéraire en bordure de frontière et de carte. Demi-tour et nous
retrouvons les balises du GR au col d'Artzatey. Une descente raide nous
conduit à la rivière. Après une passage dans les ronces, nous retrouvons
un chemin plus facile jusqu'au col de Lacho. Il est midi. La chaleur est
insupportable. Il nous faut pourtant rejoindre la Crête d'Iparla. Les
vautours nous surplombent sans cesse. Une pause pour avaler pain et fromage
de brebis et nous repartons. Traversée de la crête d'Iparla sous un soleil
de plomb. Nous avons encore épuisé notre eau. Au col d'Harrieta, nous
décidons de raccourcir l'étape par le château d'Urdos. Merci à un accompagnateur
qui nous dévoile une source à proximité. Nous buvons 1 litre d'eau sur
place et remplissons les gourdes. Nous arrivons in-extremis au gîte avant
qu'un orage éclate.
Mercredi
16 juillet : Départ de Saint Etienne de Baïgorry par le GR. Après
une raide montée, un itinéraire en balcon nous permet de découvrir la
paline entre Saint Etienne et Saint Jean Pied de Port. Les pâturages alternent
avec les forêts et les vignobles d'Irouléguy. Dans le ciel, les vautours
planent. On en dénombre une centaine, le ciel en est noir. Certains se
posent sur le sommet de l'Oylarandoy. Après une pause chocolat au col
d'Aharza, nous prenons la direction du Monhoa, modeste sommet de 1021
m. Du col d'Urdanzia, nous apercevons les charognards posés sous le pic.
Nous contournons le sommet par le sud-est et tentons d'approcher ces oiseaux
au vol majestueux. Surprise, nous arrivons au début de "la Curée", nom
donné au festin des vautours lorsqu'il trouve une charogne ( ici un Pottock,
cheval Basque). La bête est presque intacte. Devant les yeux ébahis de
certains, le rituel commence. Les oiseaux se battent à coup d'ailes, crient.
"Les chefs" se dressent, debout sur leurs pattes et sur le cheval. Spectacle
naturel rare dont nous profitons pendant quelques minutes. Nous sommes
à 10 mètres de la scène. Après notre repas, nous descendons dans la campagne
rejoindre Saint Jean Pied de Port, dernière étape avant l'Espagne pour
les pèlerins de Saint Jacques. Arrivée au gîte et toujours les mêmes gestes
qui se reproduisent : défaire le sac, installer le couchage, faire les
courses pour les pique-nique, laver son linge, etc
Jeudi
17 juillet :
Le groupe part avec François à 5 heures alors que je reste au gîte pour
extraire quelques lignes de "mon journal"pour les lecteurs de la Dépêche.
Je démarre seul vers 11 heures après avoir "faxé" à la Poste: 8 euros
pour 4 pages !!!
Le début de l'itinéraire conduit au hameau de Caro par une petite route
goudronnée.Au coeur du Pays Basque, j'aperçois la pyramide calcaire du
Béhor Péguy.A l'approche du col d'Handiamendi,la chaleur devient étouffante.
Je pense à Henri qui a marché seul pendant 40 jours pour réaliser la traversée
que je débute à peine. Il lui a fallu une forte motivation dans les moments
pénibles.Personne pour l'encourager, seul avec sa conscience. La descente
à Estérençuby par une piste sera facile .Je retrouve le groupe installé
à Llomba. Certains pieds sont très abîmés.
Vendredi 18 juillet : Réveil à 5 heures 15
pour attaquer la journée la plus dure de la semaine: 25 kms, 1800 mètres
de dénivelée.Aline , Renée , Claudette et Olivier ont choisi de dormir
un peu plus. Ils nous rejoindrons dans la matinée en taxi.On en profite
pour alléger les sacs de 3 à 4 kilos pour les 900 premiers mètres. Nous
démarrons par une montée raide dès la sortie de l'auberge. Il fait frais,
le lever du soleil illumine la montagne .Le groupe est motivé.Nous atteignons
rapidement 600 mètres d'altitude au milieu de pâturages et de sommets
arrondis.Une atmosphère de calme, de sérénité se dégage de ces montagnes
vertes.Une pause pour avaler gâteaux et chocolat et la montée continue
jusqu'au col d'Iran.Les"motorisés" nous rejoignent.On refait les sacs
avec affaires et victuailles.Surprise, ils nous ont acheté 2 gâteaux basques
: l'un traditionnel aux cerises,l'Itxassou, l'autre à la crème (le plus
connu).On refait le plein d'eau et l'on se force à boire.Les derniers
jours de chaleur ont marqué nos organismes: muscles endoloris,tendons
plus très élastiques, ampoules, etc ... Nous reprenons notre route vers
les chromlechs d'Occabé, ces cercles de pierres datant de l'époque mégalitique
servant pour des sépultures, des rites initiatiques ou autres ...Arrivés
au sommet, nous apercevons le pic d'Orhy, premier pic dépassant les 2000
mètres depuis l'océan et le pic d'Anie.Nous allons bientôt entrer dans
les hauts massifs, la chaleur devrait diminuer. A cette idée, nous sommes
ragaillardis malgré les 1400 mètres de dénivelée gravis ce matin.Nous
nous laissons glisser jusqu'au châlet Pédro où nous profitons de boissons
fraîches. On traverse ensuite la forêt d'Iraty, la plus grande hêtraie
d'Europe, pour rejoindre le col de Bagargiak.Ici règne une forte agitation,
le tour de France passe prochainement et tout est complet y compris le
restaurant.On ne mettra pas les pieds sous la table mais plutôt la main
à la pâte.
Samedi
19 juillet :
A 7 heures 30, nous grimpons vers la crête d'Orgambidesca. Aujourd'hui,
on va suivre la HRP ( Haute Randonnée Pyrénéenne).Nous évoluons dans les
pâturages au milieu des vaches et de leurs clarines aux timbres variés.Le
temps est clair mais le vent souffle fort. Arrivés au col de Millagaté,
nous évitons une crête aérienne par le versant espagnol.Le groupe semble
en forme. La croupe sud est avalée sur sentier sans trop de difficulté.Au
sommet du pic d'Arrhy, les hauts sommets apparaîssent : Anie, Bisaurin,
Balaïtous ... Au repas, un gypaête et des milans royaux viennent nous
rendre visite. Nous descendons par la crête de Behastoy et par le bois
de St-Joseph à Larrau puis à Logibar où nous retrouvons Sylvie et le groupe
qui nous rejoint pour la deuxième semaine .
Des
Pyrénées Atlantiques aux Hautes-Pyrénées
- 9
jours de Larrau au Marcadau.
Dimanche
20 juillet : Aujourd'hui,
nous terminons la traversée du Pays Basque. Les gorges d'Holzarte sont
remontées jusqu'à une passerelle jetée 200 mètres au-dessus du lit de
la rivière. Elle franchit en fait le torrent d'Olbadubi que nous suivons
pendant 1 heure 30. Le groupe est important aujourd'hui ( 20 personnes
) car les participants aux semaines 1 et 2 sont ensemble. Nous sortons
de la forêt et grimpons dans les pâturages, au milieu de cochons tachetés
de noir. L'un d'eux fait partir une pierre qui rebondit devant nos pieds.
Plus de peur que de mal mais la traversée aurait pu s'arrêter là. Nous
suivons le G R 10 qui , modifié, rejoint le col Anhaou par 4 kms de piste
forestière. Déjeuner dans l'herbe. 3/4 d'heure après, Rino, Jean-Luc,
Roselyne, Olivier, Dominique, Renée et Marie-Jo montent au col pour rejoindre
les gorges de Kakouéta et l'autobus qui les raménera à Toulouse. Certains
nous retrouverons au Marcadau la semaine prochaine. Nous continuons dans
les pâturages au milieu des moutons jusqu'au sommet de Benbaléta (1750
mètres). Après une descente raide, nous retrouvons un sentier en balcon
sur le versant espagnol qui nous conduit au refuge de Bélagua.
Lundi
21 juillet : Petit
déjeuner à 8 heures.Les Espagnols ne se lèvent pas tôt.Après un repas
léger à base de café au lait et de "galettes de soldat", notre groupe
se met en route. Malgré une carte peu détaillée, le début de l'itinéraire
est évident.Notre objectif ce matin est de rejoindre le col d'Anaye à
2050 mètres au sud du pic d'Anie. Il permet l'accès au cirque de Lescun
dans le Béarn. Le soleil est au rendez-vous et la température très supportable.Nous
découvrons les célèbres lapiazs, sortes de crevasses de roches calcaires.
Simone qui jugeait le GPS inutile jusque là, comprend l'intérêt de l'appareil
lorsque nous nous retrouvons au milieu de petits vallons où alternent
les pierres et les pentes herbeuses.A l'approche du col, nous grimpons
sur ces cailloux hostiles, affûtés comme des lames de couteau. Les semelles
de nos chaussures s'usent plus vite que d'habitude et celles de Sylvie
explosent. C'est un paysage presque lunaire qui s'offre à nous. La descente
sera plus facile dans le vallon d'Anaye. Trois patous ( chiens de berger)
nous remettent sur le chemin et nous éloignent du troupeau de moutons.
Plus loin, une truie allaite 12 cochons de lait. Ils tètent goulûment.
Encore 4 kms de piste et le hameau de Lescun est en vue. Le gîte est rejoint
à 18 heures.
Mardi 22 juillet : Le réveil sonne.Sylvie
saute du lit et descend préparer le petit déj. Christian la suit. Bizarre,
il fait encore nuit alors que le réveil était prévu à 6 heures 30.Je traîne
au lit et me lève enfin. Stupeur, il n'est que 6 heures et l'un d'entre
nous a réglé son réveil 1 heure trop tôt. Tout le monde est debout, on
se lève et on se prépare. 6 heures 30 , nous démarrons. Si nous étions
en hiver, on pourrait dire qu'aujourd'hui est un "jour blanc". En effet,
un épais brouillard enveloppe le village et les monts alentour. Il nous
faudra attendre 11 heures pour que le soleil perce près du col de Barranc.
Nous sommes récompensés de nos efforts. Les sommets apparaîssent :
l'Ossau,
ancien volcan majestueux, les Aiguilles d'Ansabère, le pic d'Anie convoité
aujourd'hui par l'équipe d'Alexis qui randonne en étoile au départ de
Bedous. Après un bon repas terminé par une pomme au chocolat fondu, nous
redescendons à Borie puis Etsaut. Sylvie sera conduite très gentiment
par le maire de la commune pour acheter des chaussures neuves.Elle a terminé
cette étape grâce à de la ficelle.Le moral des troupes est au beau fixe,
tout comme le temps.
Mercredi 23 juillet : 7h45, le groupe démarre
avec Sylvie. Je reste au gîte avec Simone pour attendre le boulanger.
Celui-ci nous a tout simplement oubliés et le gardien du gîte court chercher
le pain à l'épicerie voisine pour nos pique-niques. Nous chargeons les
sacs et nous prenons la direction du chemin de la Mâture, sentier taillé
dans une falaise calcaire pour l'exploitation du bois du Pacq d'où étaient
extraits les plus beaux sapins. Leurs troncs descendus par des boeufs
étaient taillés en août pour équiper les navires des armées de Louis XIV.
Nous retrouvons le groupe aux granges Perry. La montée est longue pour
rejoindre le col d'Ayous mais un léger vent facilite l'effort. Après une
pause d'une heure et un bon déjeuner, tout le groupe est requinqué. Les
300 derniers mètres de dénivelée sont vite avalés. L' Ossau apparaît enfin
jaillissant au milieu de pâturages et de lacs. Nous profitons de ce panorama
exceptionnel avant de rejoindre le refuge d'Ayous entièrement rénové.
Nous nous refugions à l'intérieur lorsqu'un orage éclate. Malgré les 1600m
de dénivelée, cette journée ne fut pas difficile pour le groupe.
Jeudi
24 juillet :
Réveil à 6 heures, l'Ossau apparaît dans la brume. Aujourd'hui le programme
est un classique: tour du pic du Midi par les lacs Bersau, Castéran et
les cols de Peyreget et de Suzon. Une des plus belles randonnées des Pyrénées.
Aujourd'hui sera une journée de rencontres. D'abord avec Mr Borie à la
cabane de la Hasse. Ce berger trait encore ses 450 brebis à la main. 2h30
consacrées matin et soir pour fabriquer son fromage artisanal vendu chez
Xavier place Victor Hugo. Il s'inquiète de la disparition des bergers
après sa génération et aussi des conséquences des normes européennes.
Plus loin, nous rencontrons un éleveur de juments qui élève ses animaux
non pour la boucherie mais pour la production de lait plus léger et plus
digeste que celui de vache. Il nous explique ses vertus bienfaisantes
notamment pour reconstituer la flore intestinale et nous le fait goûter.
On assiste à la traite qui se produit en présence du poulain. Ce dernier
venant têter déclenche l'éjection du lait. On peut ainsi récolter 2 litres
de lait par jument. Nous dégustons ensuite le koumi, lait de jument fermenté
grâce à l'ajout de graine de kéfir. Boisson d'origine mongole, elle est
légèrement alcoolisée et peut ainsi se conserver une année. En fin de
journée, c'est la rencontre avec Marie-France, gardienne du refuge de
Gabas que je retrouve avec joie. Après un bon repas, tout le monde va
se coucher. Je rentre sur la pointe des pieds dans le dortoir de l'annexe.
Simone dort sous la tente. Pas de ronflement cette nuit.
Vendredi
25 juillet : A
7 heures 30, nous quittons le gîte pour rejoindre Fabrèges d'abord par
la route puis par un chemin raide dans la forêt. On arrive à la télécabine
où de nombreux touristes se pressent pour ne pas manquer le petit train
qui les conduit au lac d'Artouste. Jean, Aline, Jean-Michel, Danielle
ont choisi cette option pour économiser leurs muscles. Nous continuons
la montée dans le vallon du Lurien sauvage et plus fréquenté. Le sentier
s'élève rapidement avec de très rares virages. Le col est franchi pour
rejoindre le lac d'Artouste. Nous retrouvons là nos "train...ards". Une
heure de montée et on rejoint le lac d'Arremoulit et son refuge. Entre
les pics du Palas, de Lurien et d'Assiel nous bénéficions d'une terrasse
3 étoiles pour notre dîner. La nuit sous la tente marabout servant d'extension
au refuge sera ventilée par un fort vent d'altitude.
Samedi
26 juillet : Départ
à 7 h en direction du col du Palas à 2500m d'altitude. Le vent n'a pas
faibli. Derrière le col, franchi dans le brouillard, un pierrier nous
conduit au lac d'Arriel. Une barre rocheuse nous empêche de passer rive
droite. Demi-tour et tour du lac en équilibre sur blocs et névés. Le sentier
de la HRP (Haute Randonnée Pyrénéenne) se faufile ensuite entre lacs et
pins à crochets. Rencontre avec un couple de retraités qui bataille dans
un passage de roches éboulées. On les aide à descendre et nous poursuivons
notre route vers les lacs de Respumoso et de Campo plano. On s'interpelle
sur l'itinéraire à emprunter ensuite : col de la Fache plus direct ou
bassin lacustre du Cambalès. Malgré le vent et les nuages menaçants nous
choisissons le plus long mais plus spectaculaire. Nous profiterons pendant
trois heures d'un panorama sur les hauts sommets (Balaïtous, Cambalès,
Ardiden...) et sur les lacs de Cambalès, d'Opale... Arrivés sur le pla
du Marcadau (place du marché franco-espagnol) nous retrouvons Michel qui
va m'accompagner pendant la 3ème semaine ainsi que d'autres participants.
Des
Hautes-Pyrénées à la vallée de Bénasque
- 9
jours du Marcadau à l'hospice de Bénasque.

Dimanche
27 juillet : Ce
matin nous démarrons nombreux, 34 au total, les randonneurs des semaines
2 et 3 ainsi que 10 personnes venues profiter du week-end. Nous remontons
le vallon d'Aratille. Le groupe rappelle plus une caravane de porteurs
partant vers un sommet de l'Himalaya qu'un groupe de randonneurs. Entre
nuages et éclaircies, on s'élève vers le col et son lac. Le Vignemale
apparaît. Une pensée pour le comte Henri Russel qui loua ce sommet pour
99 ans à la commune de Cauterets. Il fit creuser plusieurs grottes dans
le calcaire du sommet afin de passer l'été en altitude. Un sentier en
balcon nous conduit ensuite au col des
Mulets. Nous descendons dans la vallée de Gaube pour rejoindre le refuge
des Oulettes sous quelques gouttes. A peine le temps de pique-niquer que
Sylvie rappelle la troupe qui doit rentrer ce soir à Toulouse. Après un
café chaud, ce sont les au revoir et les encouragements. A16h30, Claude
et six randonneurs nous rejoignent au refuge. Ils réalisent le tour du
Vignemale en 3 jours. Un peu plus tard, c'est François Laurens qui arrive
avec Christelle et Aurélie. Ils convoitent la face Nord du Vignemale.
Ce week-end sera marqué par les visites et les encouragements. La troupe
est en forme sauf un "parisien" qui nous abandonne au bout de 2 jours
à cause d'ampoules. Illuminé?
Lundi
28 juillet :
Réveil à 5h30. Le ciel est clair. On refait les sacs, on déjeune et le
groupe se met en marche à 6h45. Le vent souffle fort et le temps est frais.
Nous montons en 2 h à la hourquette d'Ossoue tout en admirant les séracs
et petits glaciers de la face Nord du Vignemale. Le soleil illumine la
face calcaire lorsque nous apercevons François et les alpinistes grimpant
le filon d'Ophite vert de la voie classique. Au col le groupe se scinde
en 2. 8 partent avec Michel gravir le petit Vignemale (3030m)
le
petit ,
le grand
pour
un superbe panorama sur le glacier d'Ossoue et la pointe de Chausenque.
Les
autres descendent avec moi par le GR 10 en balcon sur la vallée. Nous
en profitons pour visiter le refuge de Baysselance rénové recemment. Un
petit vent bienfaiteur ainsi que de superbes panoramas faciliteront cette
longue descente. Ciel dégagé d'un bleu d'azur pour l'arrivée à Gavarnie.
Le Cirque de Gavarnie.
Nous
nous installons confortablement au gîte le Gypaëte accueillis par Olivier
son sympathique gardien. Douche et bon repas pour retrouver la forme!
Mardi
29 juillet :
Michel part avec le groupe à 7h30. Je démarre seul 15 mn après, le ciel
est limpide, GAVARNIE est à l'ombre mais là-haut le soleil éclaire déjà
les sommets: Astazous,Marboré, Pics de la Cascade, Epaule, la Tour, le
Casque.
La Cascade de Gavarnie.
Je les connais tous même si je n'ai jamais gravi le Casque. Ce matin,
un peu de "blues". Marchant seul au fond du cirque, je revois mes débuts
en alpinisme en Septembre 1983. Déjà 20 ans. L'Arête des Sarradets, Le
Mur du Cirque, comment oublier ces moments magiques ? En équilibre sur
des rochers, pendu au bout d'une corde dans un site aussi majestueux.
Que de chemins parcourus depuis ce temps! Que de projets encore à réaliser
: l'arête N.O. des Astazous, couloir nord du Marboré , face nord du Mont
Perdu... 20 ans que je parcours ces montagnes et toujours autant de plaisir
à partager. Ici je me sens chez moi, j'ai sûrement des racines sur les
arêtes glacées, sur les glaciers, sur les sentiers! Je retrouve le groupe,
et nous grimpons le sentier facile qui conduit au plateau de Pailla puis
à la Hourquette d'Alans. Après une pause, nous basculons dans le cirque
d'Estaubé. Le ciel est toujours bleu lorsque nous rejoignons le lac des
Gloriettes. Au loin, on aperçoit les granges du plateau de Coumély. Marie
Laure, adepte du groupe montagne, rénove ici avec Francois une grange.
Beaucoup de travail pour la restaurer dans le style du pays avec un toit
en ardoise et non en tôle. Une dernière montée et nous voila arrivés à
l'hôtellerie du Maillet dans le cirque de Troumouse. Le soir, Marie Laure,
Francois et Paul nous rejoignent pour partager le dîner et nous encourager...
Mercredi
30 juillet :
6 heures, il fait "grand beau"! Aujourd'hui, je souhaite faire une entorse
au programme. Le groupe cette semaine est en forme et surtout homogène.
Je propose donc un itinéraire plus aérien que d'habitude par le col de
la Sède et le pic de la Géla. Nous démarrons par le sentier facile conduisant
à la Vierge au centre du cirque de Troumouse. Nous dérangeons une bande
d'isards s'abreuvant puis des marmottes qui se dorent au soleil. Le lac
des Aires est rapidement rejoint. "Les deux soeurs", cheminées de fée,
s'illuminent ainsi que plus haut le sommet de la Munia. Une pensée pour
Sylvie qui y fut accidentée il y a six ans dans le couloir de neige donnant
accès au col. Deuxième pensée pour un coucher de soleil sur la face nord
du Mont Perdu dont j'ai profité il y a quelques années. Ensuite, nous
grimpons au col de la Sède entre gradins calcaires et pentes herbeuses.
Attention aux chutes de pierres !!! Panorama sur le Vignemale, Mont Perdu,
Munia... Le groupe est émerveillé par ce parcours de haute montagne. Certains
sont fatigués et j'hésite à gravir la Géla lorsque nous rejoignons le
vallon des Aiguillous. Mais motivé par le panorama exceptionnel, je motive
le groupe. La fatigue s'estompe en découvrant la muraille et les lacs
de Barroude depuis le col. Une crête facile où l'on pose un peu les mains
nous conduit au point culminant (2851m). Panorama à 360° sur l'Arbizon,
le Campbiel, le Pic Long, le Néouvielle, le massif de Gavarnie, le Mont
Perdu, les Posets vers lesquels nous nous dirigeons. Une descente un peu
délicate vers la Hourquette de Charmentas nous permet de rejoindre le
refuge par un sentier balcon. Très bon accueil au refuge, bon repas. Mais
comment font les gardiens pour mijoter des petits plats pour 30 personnes
dans une cuisine de cinq mètres carrés?
Jeudi
31 juillet : Aujourd'hui,
c'est une courte étape qui nous attend. Après avoir gravi le pic de Barrosa
et profité d'un cours de géologie dispensé par Marie Jo, nous descendons
la vallée du même nom pour rejoindre Parzan puis l'entrée de la vallée
d'Urdicétou après trois kilomètres de bitume. Là, un taxi nous amène à
l'hôtel de Bielsa à l'entrée du canyon de Pinéta. Cet hôtel très confortable
va nous permettre de récupérer et de régler quelques détails pour la suite.
Après avoir dégusté une paella, chacun vaque à ses occupations: lessive,
massage, piscine, courses... J'irai même chez le coiffeur. Le mois de
juillet se termine sous un soleil de plomb dans le village de Bielsa...
Vendredi
1er août :
Mr Jion, chauffeur de taxi, nous reconduit à l'entrée de la vallée d'Urdicétou.
Le soleil chauffe déjà à 9 h du matin mais une petit brise facilite la
remontée de la vallée jusqu'à la centrale électrique. Nous nous gavons
de framboises. Karine, manquant un peu d'entraînement a les cuisses qui
chauffent. Pour éviter que ses muscles ne tétanisent, les " plus en forme"
prennent quelques unes de ses affaires dans leur sac . On redémarre et
on découvre une belle vallée avec son petit puis son grand lac au pied
des pointes Suelsa et Fulsa. Baignade au lac avant le pique nique. Descente
dans le vallon de Sallena. Pause dans un endroit idyllique fait de cascades,
de vasques et de pins a crochets. Jean , Francoise et Isabelle replongent
dans l'eau ! Chaude après midi et descente à Viados. C' est dingue comme
les descentes aux refuges montent ces derniers jours !!! Arrivée aux granges
de Viados et son refuge au pieds des Posets (3375 m).

1
au pieds des Pointes de Suelsa
2
Philippe sur le sentier des Granges de Viados
3
Arrivée au Col d'Aratille
4
L'apéro au refuge de Viados
Les Posets.
Suzanne
souffre toujours d'une chute bénigne depuis samedi dernier. Ce qui semblait
être un étirement musculaire pourrait être plus grave. Nous décidons ensemble
son retour à Toulouse pour se faire soigner. C'est très dur pour elle
de renoncer au projet de la traversée complète.Nous terminons la journée
par un moscatel sur la terrasse du refuge où nous profitons d'un remarquable
coucher de soleil. J'informe le groupe de la décision prise et plusieurs
se proposent pour alléger le sac de Suzanne pour les 2 jours à venir,
avant qu'elle ne rejoigne l 'autobus dans le val d'Estos. Elle ne peut
retenir quelques larmes...
Samedi
2 août : Après un petit déjeuner animé, nous démarrons vers 8h15
en direction du val de Ribereta. Le ciel est dégagé et la montée est à
l'ombre. La dénivelée se fait facilement jusqu'au lac de Millars au pied
des sommets granitiques de Baguenola (3053 m et 3025 m). Marc qui m'avait
signalé une irritation du tendon d'achille, souffre de plus en plus. Au
lac, nous décidons ensemble qu'il rentrera demain à Toulouse soigner sa
tendinite. Inutile de "s'esquinter" la santé même pour la traversée des
Pyrénées. Nous continuons notre route jusqu'au col d'Eriste. Là, Suzanne,
Jean, Renée et Marc profitent du panorama sur tous les massifs parcourus
cette semaine : Vignemale, Gavarnie, Troumouse, Barroude... Les autres
montent au sommet de la Forgueta (3007 m) pour profiter d'une vue plus
étendue. On aperçoit ainsi Le Néouvielle, massif lacustre réputé, mais
évité pendant la Traversée car trop au nord. De là, j'essaie de téléphoner.
Malgré une bonne réception, les appels ou SMS ne passent pas. Je souhaitais
organiser le remplacement de Marc qui devait m'aider à encadrer le groupe
la semaine prochaine. Michel se propose de rester jusqu'à mardi. C'est
cette solution simple que nous choisissons. Nous descendons par un pierrier
au lac de la Llardaneta puis au refuge Angel Orus.
Dimanche
3 Août: Réveil à 6 h, pour un petit déjeuner à 6h30.Un problème
de clef retarde notre départ. Nous irons jusqu'à fouiller 2 poubelles
alors que la clef en question se trouve dans la poche de sa propriétaire.
A 8 h nous démarrons le long du tuyau d'alimentation en eau du refuge.
Ce fil d'Ariane nous conduit au lac d'Alforches. Des isards se désaltèrent
dans le lac. Nous montons au col de la Piana avant de descendre dans le
val de Batisielles au pied des aiguilles de Pérano, terrain de prédilection
des grimpeurs. A 13h30, nous retrouvons Josiane dans le val d'Estos. Elle
est montée avec les 12 participants à la 4ième semaine. Nous avons du
retard et les adieux sont rapides. Suzanne espère nous retrouver la semaine
prochaine. Pensant qu'elle a une fêlure de l'omoplate, je suis pessimiste
sur son retour dans l'équipe. Mais déjà c'est un nouveau groupe qui se
forme pour monter au refuge d'Estos. Facile chemin mais en plein soleil.1h30
seront nécessaires pour remonter ce vallon. Arrivée vers 17h. Je retrouve
là un gardien sympathique qui gérait par le passé le refuge Angel Orus.
Après le repas, il m'offre un café et me donne quelques informations sur
le parcours cahotique du lendemain. Chaude nuit!!!
De
la vallée de Bénasque au Val d'Aran - 7
jours entre les monts Maudits et les Encantats.
Lundi
4 Août:
Départ à 7h15 vers le lac de Perdiguero. Le temps est beau et la montée
très raide.Pause au lac, et on redémarre par un pierrier pentu pour rejoindre
le col Ubaga. Le sommet du Perdiguère s'illumine là-haut alors que nous
progressons difficilement dans ce terrain instable. Nous déjeunons au
lac de Litterole qui a encore quelques "icebergs". Après le repas, nous
remontons des schistes jusqu'au col de Remune. Les névés et le sommet
de la Forca donnent une ambiance très haute montagne. Le site est magnifique
lorsque nous basculons dans la vallée du Remune. Cette descente très pierreuse
nous permet de découvrir l'envers du Maupas, des Crabioules, du Perdiguère,
surtout fréquentés par les Toulousains depuis Luchon et le refuge du Portillon.
Cette vallée très sauvage sera difficile. Annie se tord la cheville. On
l'allège de son sac et elle continue à descendre jusqu'à l'Hospice de
Benasque. En fait, ce n'est pas un Hospice que nous trouvons mais un Hôtel
***, le grand luxe pour les randonneurs que nous sommes. A force de mettre
les petits plats dans les grands, 23h arrivent avant que l'on se couche,
le petit déjeuner est pourtant prévu à 6h demain matin.Très bonne nuit.
Dommage qu'elle fut si courte et que je n'ai pu profiter de la baignoire
immense pour me délasser. Annie devra être rapatriée car elle souffre
d'une entorse.
Mardi 5 Août: Après un petit déjeuner pantagruélique,
nous quittons "l'Hospice" vers 6h45. Nous démarrons le long du rio Esera
par un bon sentier. Bientôt on rejoint l'accès au refuge de la Rencluse,
sur la voie normale de l' Aneto, point culminant du massif Pyrénéen avec
3404 m. Un peu plus loin, c'est le Trou du Toro ou Forau des Aguailluts,
vaste cratère où s'engouffrent les eaux des glaciers qui ressortent à
l'Oeil de Jouéou avant de rejoindre la Garonne. Ensuite c'est la vallée
de l'Escaléta que nous remontons. D'abord herbeux, ce vallon lacustre
devient pierreux. De magnifiques dalles de granit sont gravies jusqu'au
col de Mullères, le plus haut de la Traversée avec 2935m d'altitude. J'hésite
à gravir le sommet tout proche car nous ne sommes pas en avance. L'enthousiasme
de certains m'encourage et, sans les sacs, nous grimpons facilement découvrir
le panorama sur le Massif Maladetta-Aneto, classé Parc National depuis
quelques années. La descente se fera en désescaladant une petite cheminée
et en sautant de blocs de granit en blocs de granit...Le dernier pas de
désescalade terminé près d'une cascade, nous sortons nos ponchos. Après
25 jours de marche, c'est la première fois que nous l'enfilons sur nos
sacs à dos. Nous y avions échappé jusque là. Arrivés à l' Hospice de Viella
vers 19h, nous retrouvons Suzanne et Paul venus chercher Michel qui rentre
demain. Heureusement qu'il était là aujourd'hui,car le passage de la cheminée
nécessitait 2 personnes pour encadrer les 16 participants. Au vu des étapes
que nous venons de parcourir (2 x12h), je décide de raccourcir l'étape
du lendemain et de ne déjeuner que vers 8h afin que le groupe et moi-même
récupérions nos forces. Malgré un dortoir de 40 places,tout le monde va
dormir cette nuit,ronfleur ou pas !!!
Mercredi
6 Août:
Après une très bonne nuit et les au-revoir à Michel, nous remontons le
vallon de Conangles. Le sentier est bon et monte rapidement au Port de
Rius. Nous sommes dans la zone limitrophe du Parc National de Aigues-Tortes.
On aperçoit le Mullères gravi hier. Pensée émue du passage de le cheminée
pour certains. Dans le vallon des lacs, on trouve une zone de pique-nique
très agréable face à l'Aneto. Pendant que certains se baignent, j'en profite
pour réparer mes chaussures qui sont dans un triste état, je recolle mes
semelles et protège l'amortisseur de chocs avec des bouts de chambre à
air de vélo. Vers 14h30, nous redescendons le vallon de Rius avant de
remonter 100m très raides pour rejoindre le lac de la Restanque et son
refuge. Arrivée à 16h30. Douche chaude et repos bien mérité. Nous nous
installons dans des dortoirs rénovés.
Jeudi
7 août:
Départ à 7h45 pour un itinéraire de toute beauté dans les "Encantats".
D'abord à l'ombre, le sentier s'élève vers le col de Crestola au pied
du Montarto. Derrière, on rentre dans le Parc National et on découvre,
sous le soleil, les étangs de Monges, de Mangades,de Travessani. Des aiguilles
de granit se dressent au-dessus de ce site lacustre alors que l'on rejoint
le refuge de Ventosa y Calvell.
Lac de Ventosa
De
gros blocs ne facilitent pas le passage vers le vallon de Colieto mais
la solidarité du groupe permet à chacun de franchir les passages les plus
difficiles pour rejoindre le port de Colomers. Descente dans le cirque
où le groupe se restaure sous un ciel menaçant. On redémarre alors que
les premières gouttes tombent et c'est sous le poncho que l'on rejoint
le refuge. En fin d'après midi Carmine me demande de raconter quelques
anecdotes montagnardes. Ce que je fais volontiers. Nuit calme.
Vendredi
8 août :
Départ du refuge de Colomers à 8h30. Le ciel est gris et le vent souffle.
Après la traversée du barrage, la montée est raide pour franchir le col
des Clots, accès au vallon des lacs Long, Redon, Gbago...Ce dernier est
tentant pour les baigneurs avec sa plage de sable fin et les quelques
rayons de soleil qui l'illuminent. Mais la grisaille ambiante et l'annonce
des orages par les services de météo espagnols nous invitent à continuer
vers le port de Ratéra. Après avoir aperçu vaguement les aiguilles des
"Encantats",
Les Encantats
nous
descendons dans le vallon de Saborédo. Encore des lacs et des lacs...300
mètres de dénivelé à remonter et le groupe atteint le port de la Bonaïgue
vers 16 heures après avoir marché 20 minutes sous une pluie battante.
Tout le monde se réfugie dans l'auberge du col pour avaler une boisson
chaude et une tarte. Le moral est revenu au "beau fixe" lorsqu'arrive
la navette qui nous conduit à Salarder. Nous retrouvons le refuge Rosta
et son sympathique gardien. Et toujours les mêmes taches quotidiennes
: douche, lessive, préparation de la balade du lendemain, défaire et refaire
le sac. Manger, marcher, dormir, partager ensemble une vie simple.- Arrive
la soirée et le bilan de fin de semaine. Demain arrive un nouveau groupe
pour continuer la traversée espagnole et andorrane mais cette fois-ci
avec hébergement sous tente. Henri doit arriver également avec sa voiture
pour transporter vivres et matériel.
Du
val d'Aran à l'Ariège - 8
jours sous tente de Baqueira à l'Hospitalet (entre lacs espagnols
et andorrans).
Samedi
9 août :
A 9 h, Henri nous rejoint au refuge Rosta avec vivres et bagages. Une
½ heure plus tard, le bus arrive de Toulouse. Nous profitons de la sortie
journée pour remonter au port de la Bonaïgue. Là, nous chargeons les tentes
et les effets personnels dans le break Névada d'Henri. Après maints efforts,
nous arrivons à fermer le coffre. Il ne reste même pas un trou de souris.
Surprenant ce que les participants à cette 5ème semaine ont porté pour
8 jours! A10h15, nous démarrons la randonnée sous le soleil. Montée au
col de l'Estany Pudo, voie d'accès au vallon lacustre situé au sud-est
de la station de Baqueira-Béret : étangs Pudo, Garrabéa, Rosari d'Areu,
Aïroto. Tous seront visités avant de rejoindre le hameau d'Isil par un
gros pierrier puis une sente raide. Les premiers arrivent à 18 h, horaire
de rendez-vous avec 2 minibus qui nous conduisent à Esterrid'Anéu. Nuit
au camping après un repas léger.
Dimanche
10 août :
Lever à 5h30. On démonte les tentes tout en faisant chauffer de l'eau
pour le petit déjeuner. 1h30 seront nécessaires pour tout ranger et charger
dans la voiture d' Henri. Ce sera le rituel quotidien pour cette semaine.
A 7 h, les minibus nous conduisent à Isil où Marie, Geneviève, Philippe
et moi-même reprenons la traversée. Les autres sont conduits à Alas d'Isil,
3 kms plus loin et démarrent avec Serge qui me seconde cette semaine.
Une piste rejoint le vallon de Comamala et le sentier s'élève rapidement.
On sort de la forêt et l'on découvre le massif du Mort Rouch. A 1800m,
on retrouve le groupe avant de gravir un raide pierrier. Isabelle a un
problème à un genou. Après quelques difficultés d'orientation,on rejoint
le col de la Cornella (2481m). Raide descente dans le vallon de la Tartera
et petite remontée au col de Curios. Déjeuner, et la pluie s'abat sur
nous. On enfile guêtres et poncho et on repart vers le col de Calberante
(2608m), le 3ème et le plus haut de la journée. Malgré la grisaille, très
beau point de vue sur les étangs de la Gallina. Longue descente à Quanca
puis Graus où nous retrouvons Henri au camping vers 19 heures. Les organismes
ont été soumis à rude épreuve. Heureusement que nous ne devions pas porter
tente et nourriture. Repas au restaurant après une bonne douche.
Lundi
11 août :
Départ à 8 h vers le hameau de Noarre. Henri nous accompagne et en profite
pour se dégourdir les jambes avant d'aller faire des courses. Michel,
fatigué par l'étape de la veille l'accompagne. Montée facile aux étangs
de Guéroso puis au col de Certescan. La vallée s'ouvre sur le val de Certescan
et son lac, le plus grand lac naturel des Pyrénées. Après avoir déjeuné
près d'un petit lac qui commence à s'envaser, nous rejoignons le refuge
et sa cohorte de touristes montés ici grâce à des 4X4. Descente au pla
de Boavi par un raide chemin qui rappelle un peu la Corse. A 17h30, installation
du campement sauvage cette fois-ci, et on se baigne dans de superbes vasques
presque chaudes. Cette journée fut plus facile que la précédente, le moral
des troupes remonte autour du moscatel. Premier repas lyophilisé tous
ensemble. Très bonne ambiance dans le superbe site.
Mardi
12 août : Départ
à 8 h pour remonter le vallon de Sellerte. 1000 m de dénivelée à gravir
d'abord en forêt, puis dans les prairies tout en suivant le ruisseau.
Au col (2487m) on découvre le vallon de Baborte et ses lacs. Des chevaux
paissent paisiblement. Dernière montée au col de Baborte (2595m) et on
entre dans le cirque de Sottlo. Nous sommes sur le versant sud de la Pique
d'Estats, dernier 3000 m avant la Méditerranée. Je suis satisfait d'avoir
choisi le versant espagnol pour les parcours de cette semaine. Malgré
la difficulté de certaines étapes, les sites lacustres sont de toute beauté.
Partis avec le soleil, les nuages s'amoncellent maintenant dans le ciel.
Nous nous pressons pour gravir un petit passage d'escalade donnant accès
au refuge du val Ferrera. Une fois passés, nous sortons le poncho et rejoignons
le pla de Boet sous l'orage. Montage des tentes entre deux averses et
soirée humide. Le moral est bon. Le moscatel aide à se réchauffer.
Mercredi 13 août : Michel, qui a accompagné
Henri depuis 2 jours ne souhaite pas reprendre la traversée. Henri qui
doit rejoindre l'Andorre pour nous retrouver à El Serrat lui propose de
l'accompagner à l'Hospitalet pour rejoindre Toulouse en train. Il en profitera
pour réparer son radiateur qui a une petite fuite d'eau. Nous partons
vers 8h en direction du port de Boet , rejoint en 2 h par un sentier bien
balisé en jaune et noir. Nous passons versant ariégeois et descendons
à l'étang de Médécourbe par un itinéraire typique du massif : pierriers,
gyspet, barre rocheuse. L'Ariège, terre sauvage!!! On remonte au port
du Prat par la piste prévue pour relier la station andorrane d'Arcalis
par un tunnel qui ne verra jamais le jour. Descente par le vallon de Tristagne
mais, à l'arrivée, Henri n'est pas là! Il devait conduire les plus fatigués
jusqu'au val de Rialp où nous allons camper. Avec les courses et la réparation
de son véhicule, il doit être en retard. Le groupe rejoint le campement
vers 17h. Toujours pas d'Henri. Deux bordelais sympas me remontent à la
station.Se serait-on croisé? Là-haut, personne. A 18h, j'appelle Josiane
à Toulouse qui n'a plus de nouvelles. Le radiateur aurait-il laché? Je
descends au village et rappelle Josiane. Elle a eu Henri qui est bloqué
à Ax-les-Thermes. Le radiateur est intact mais la pédale d'embrayage s'est
cassée et il ne pourra remonter avant demain. Je fonce à l'hôtel " Bringué"
que le club fréquente à l'automne. Miracle, il leur reste 5 chambres à
3 lits. Nuit à l'hôtel après un repas pantagruélique. Nuit agitée par
une digestion difficile, mais qu'importe, après les évènements de cette
journée, nous aurions pu nous retrouver à bivouaquer sous un arbre en
mangeant des restes bien maigres...
Jeudi
14 août Départ à 8h30 dans le val de Sortény où un petit parc naturel
a été créé. Nous devons monter 1200 mètres de dénivelée pour rejoindre
le col del Meners (2724m). Même routine, toujours un pas après l'autre
et on s'élève dans ce vallon ensoleillé. Descente à l'étang de Ransol
puis un sentier en balcon nous conduit au refuge de Jan, 300 mètres au-dessus
de la vallée. L'après-midi, nous suivrons un ancien sentier peu fréquenté
pour rejoindre la chapelle San Pere puis le val d'Inclès. Malgré quelques
gouttes, nous marchons rapidement guidés par de bons cairns. Au camping,
nous retrouvons enfin Henri. Surprise, il a monté les tentes. Peut-être
pour se faire pardonner de la mésaventure d'hier. Mais qui se plaindrait
d'avoir passé une nuit dans un confortable hôtel 3 étoiles? Personne,
et c'est avec plaisir qu'il nous raconte ses péripéties. Soirée autour
d'un taboulé, de poulets grillés et de 3 bonnes bouteilles de vin rosé.
Bonne nuit passée sous la tente pour la dernière fois de la traversée.
Vendredi
15 août
Après avoir séché les tentes, nous remontons le val d'Inclès jusqu'aux
étangs de Juclar par un temps bien gris et sous quelques gouttes. Le vent
souffle et le Sud est plutôt dégagé. Le soleil apparaît au col d'Albe
où nous retrouvons le versant français. Le genou d'Isabelle ne va pas
mieux. La descente par les vallons classiques du Mourguillou (étang d'Albe,
étang de Couart) et de Pédourès ne sera pas facile pour elle. «Les plus
en jambes» montent à la Tosse (2468m). Arrivée à l'Hospitalet à 17h. Bon
accueil au gîte l'Hospitalité. Ce sont des amis de Brigitte qui le tiennent.
il est très propre et la décoration soignée. La fin d'après midi sera
consacré au tri des affaires. Les sacs et cartons qui rentrent demain
à Toulouse sont bouclés. Nous n'aurons même pas le temps de profiter de
la fête du village qui a lieu ce week-end. Heureusement demain nous mettons
les pieds sous la table !!! Bonne soirée pour cette fin de semaine 5.
On en profite pour fêter mon anniversaire entre amis même si je n'aurai
38 ans que demain. Michel et Francis nous rejoignent au gîte. Ils feront
demain un bout de chemin avec nous.
Les
Pyrénées-Orientales - 9
jours de l'Hospitalet à Banyuls.
Samedi
16 août
Départ à 8h30 de l'Hospitalet après les «au-revoir» à Henri. Nous démarrons
avant que le bus transportant les randonneurs de la dernière semaine n'arrive.
En effet, pour ceux qui marchent depuis 4 à 5 semaines, je souhaite effectuer
la longue étape d'aujourd'hui sans nous presser. Un bon GR nous conduit
en balcon au-dessus de la haute vallée de l'Ariège. Plus bas, le bal des
voitures se dirigeant vers la Pas de la Case a commencé. Le bruit des
moteurs monte jusqu'à nous. On entre enfin dans le vallon des Bésines
et l'on rejoint le site du lac. Le site, plus sauvage, est pourtant bien
encombré de tentes pour ce week-end du 15 août. Au refuge, le groupe se
divise. Certains rentrent à Toulouse ce soir, les autres continuent pour
rejoindre Banyuls. Enfin, on ose penser à l'arrivée. Nous rejoignons l'étang
du Lanoux sous un soleil mitigé par quelques gouttes. Pique-nique et on
remonte jusqu'à la porteille de La Grave (2426m). Un léger vent facilite
l'effort. Descente longue mais facile par le vallée de la Têt jusqu'au
lac des Bouillouses. Le groupe de Rino ne nous a pas rejoint. Longeant
le lac, on arrive enfin au refuge CAF vers 18h30. On retrouve Jérôme et
Delphine venues saluer Marie-Jo. L'autre groupe arrive à 19h30, Rémi en
tête et en pleine forme après son voyage au Tibet. Le bougre a des globules
!!! Daniel par contre a des problèmes et a retardé le groupe bien que
son sac ait été porté par Michel et Francis jusqu'à la porteille. A peine
le temps de s'installer dans les dortoirs et on se retrouve à table. On
fête à nouveau mon anniversaire. Et oui, c'est aujourd'hui le bon jour.
Grâce à Rino, nous dégusterons deux bons gâteaux basques. Grâce à Marie-Jo
et Jérôme, le fiston complice, nous ferons passer le tout avec du très
bon champagne. Après le repas, je discute avec Rino de Daniel. Nous sommes
tous les deux convaincus que son handicap à la jambe ne lui permettra
pas de poursuivre la semaine. Il pourra rentrer demain à Toulouse en prenant
le train à Bolquère. Chaude nuit dans le refuge.
Dimanche
17 août
Départ à 8h15. Après la longue journée d'hier, c'est une courte randonnée
qui nous attend pour traverser le plateau cerdan réputé pour son soleil
exceptionnel et son petit train jaune. On débute par le tour des étangs
Large, Nègre et de la Pradelle. Déjà, le ciel se charge de nuages noirs
qui ne tardent pas à lâcher leur eau lorsque nous rentrons dans la forêt
de Bolquère, haut lieu du ski de fond. C'est sous un déluge qu'on entre
dans le village où les cafetiers nous accueillent gentiment. Repas au
chaud et au sec. Merci à ces gens sympathiques. A 13h30 nous reprenons
notre route sous quelques gouttes. Nous laissons Daniel à l'arrêt du petit
Train Jaune avant de rejoindre Eyne station une heure après. Bon accueil
à l'hôtel où chacun en profitera pour se reposer, passer au sauna ou à
la piscine... Tractation avec la patronne pour un petit déjeuner le lendemain
à 7 h. Bon repas.
Lundi
18 août
Après avoir secoué les troupes, départ à 7h30 le long du canal d'irrigation
d'Eyne. Le ciel est clair, l'air vif. On remonte la vallée bien connue
des botanistes car riches en fleurs. Malgré un été très sec, on peut encore
apercevoir des aconits jaune et napel, des pulsatilles, des gentianes
jaunes, des vératres... Sous le col de Nuria, nous rencontrons un isard
mort au pied d'une barre rocheuse. Affolé par l'orage, il a du faire une
chute fatale hier. On poursuit notre route jusqu'au col avant de gravir
la crête reliant les pics d'Eyne, de Nou Fonts, de la Fosse du Géant et
de la Vache. Six kilomètres pour profiter d'un beau panorama sur la vallée
et les lacs de la Carança et sur l'ermitage de Nuria. L'air est toujours
frais et pour le déjeuner, nous sommes contraints de nous installer sous
la crête versant Nord. Après le repas, descente par les cols de Tirapitz
et de la Marrana au refuge d'Ull de Ter au centre d'une petite station
de ski espagnole. Bonne ambiance autour du Moscatel pour fêter la sainte
Hélène. Après le repas, Michel et moi-même réparons nos chaussures avec
de la colle néoprène et de la chambre à air de vélo. Il nous reste tout
de même 6 jours de marche et le massif du Canigou à traverser. Raymond
a un problème de cheville. Encore une entorse ?
Mardi 19 août Aujourd'hui, une longue étape
de 23 km nous attend. Heureusement, peu de dénivelée au programme (600m)
et des sommets ondulés typiques des Pyrénées-Orientales. Après avoir rejoint
la route conduisant à la station d'Ull de Ter, nous montons par un bon
sentier à la porteille de Morens. Sur la crête, on surprend une harde
d'isards pas farouches qui profitent des rayons de soleil matinaux. Ascension
facile du Roc Colom (2507m) d'où nous apercevons le sommet du Canigou,
dernier grand sommet avant la mer que nous souhaitons gravir demain. Mais
pour l'heure, c'est une descente facile puis un chemin à flanc le long
des «Esquerdes de Roja», grosses pierres plantées sur la crête qui font
penser à une colonne vertébrale de dinosaure géant. L'éclairage est superbe
dans un ciel bleu azur parsemé de blancs cumulus. Dans une descente, Philippe
fait une chute bête, s'abîmant le genou. Après le repas, il traîne la
patte et nous l'allégeons de son sac pour qu'il rejoigne le refuge de
Marialles. A 5 jours de l'arrivée, il serait navrant de voir sa traversée
se terminer ici alors qu'il est le seul à m'accompagner depuis Hendaye.
Après la douche, massages et traitements divers. Nous prendrons une décision
demain matin. Bon repas concocté par Anne-Marie, gardienne du refuge.
Après le repas elle souhaitait nous conter une histoire mais tous les
randonneurs sont partis au lit. Elle en fait autant.
Mercredi
20 août A
6 h, le réveil sonne. Rapide coup d'oeil par la fenêtre et, malgré la
nuit, on aperçoit quelques petits nuages dans le ciel. Espérons que la
météo se trompe car de violents orages sont annoncés. Après avoir avalé
quelques calories, le groupe se met en marche sur le GR 10 qui s'élève
dans une forêt de pins. Les traînées rouges dans le ciel confirment les
prévisions. Devant nous, de nombreux randonneurs prennent le chemin du
Canigou. Après le refuge Arago, on se croirait presque dans une procession.
A chaque pause, les groupes se doublent, se redoublent. Au sud, les nuages
s'amoncellent. Le vent devient plus violent à l'approche de la porteille
de Valmanya et on se presse pour arriver au pied de la cheminée finale,
grand escalier inévitable si l'on souhaite gravir l'Olympe des catalans.
Le groupe s'y engage lorsqu'une première averse s'abat sur la montagne.
Elle est de courte durée et on gravit la cime en assurant ses pas. Arrivés
au sommet, l'orage gronde au sud et se rapproche. Le temps d'avaler une
barre de céréales et nous nous jetons dans la descente sous une averse
de grêle. Trente minutes plus tard, le soleil réapparaît. Le ciel est
lavé, nous aussi. Le groupe descend déjeuner au chalet des Cortalets.
Café, glaces, on se remet des émotions. L'après-midi descente à Valmanya
par une piste forestière puis un raide sentier qui descend dans le bois
de Patriques. Raymond et Philippe peinent dans la descente mais sont toujours
avec nous. Bon accueil au gîte. Visite du musée du village nous rappelant
la crue de 1940 qui endommagea la partie sud du village, la guerre de
39/45 qui voit allemands et miliciens piller et incendier Valmanya peu
avant la libération ainsi que l'histoire minière du pays (la mine de la
Pinouse sera exploitée jusque dans les année 30, celle de Batère jusqu'en
1985). A 4 jours de la fin, je reçois 2 messages d'encouragement de Brigitte
et de Sylvie.
Jeudi
21 août
Ce matin, Raymond abandonne. Même si la douleur de l'entorse est supportable,
il ne souhaite pas continuer car il ne prend plus plaisir à marcher. Nous
quittons Valmanya par un sentier forestier jusqu'à la cabane de l'Estanyol
avant de grimper au col de la Cirère. On aperçoit l'ancienne mine de la
Pinouse. Au col, un vent frais nous accueille et nous oblige à enfiler
nos polaires avant de descendre au sud-est. Ce versant est un véritable
gruyère. On aperçoit en plusieurs endroits les galeries d'accès aux mines
de Batère, réseau dense relié à la Pinouse par 3 km de galeries. Nous
suivons la route du fer : nombreux pylones, câbles, stations, wagonnets,
témoins de l'importante activité minière qui régna ici jusqu'en 1985.
Même le gîte est un aménagement de baraquements ouvriers. On aperçoit
encore les vestiges de chambres et de salles d'eau. A la pause repas,
Rino en profite pour se baigner dans la rivière. Nous repartons par le
GR dans une forêt de chênes verts puis de chênes liège dont la base est
dénudée. Le liège a été récolté ici. Pour boucher les bouteilles de Banyuls
ou de Muscat ? Arrivée à Amélie par le fort des Bains sous quelques gouttes.
On s'installe dans un hôtel confortable avant d'aller manger en terrasse
au restaurant «Au Poivre Vert», place de la République où un très bon
accueil nous est réservé. Déjà 41 jours de marche, mais je ne suis toujours
pas pressé de rentrer. Même si nous avons quitté les grands massifs aujourd'hui,
j'ai encore envie de profiter de ce dernier bout des Pyrénées qui se jette
dans la Méditerranée. L'arrivée à Banyuls est proche mais aussi lointaine.
Je continue à vivre simplement au jour le jour comme depuis le début :
marcher, manger, dormir, partager un moment avec les uns, les autres...
Vendredi
22 août
Après un bon petit déjeuner, nous démarrons du centre ville d'Amélie à
la recherche d'un sentier de pays près de l'hôpital militaire. Il est
balisé en jaunes et, en quelques virages, il nous conduit à un belvédère
sur la ville et le massif du Canigou. Plus loin, il contourne camp Félix,
100 mètres de dénivelée à grimper en plus pour un propriétaire qui n'aime
pas voir les randonneurs passer devant sa propriété. Le temps est beau
et chaud aujourd'hui. Heureusement lorsque l'on rejoint la crête du roc
de France, point culminant de la journée, un petit air est le bien venu.
Malgré la brume, on devine la côte et la mer, maintenant toutes proches.
La fin du «périple Pyrénéen» se profile à l'horizon. Nous redescendons
par le GR et l'une de ses variantes jusqu'à Las Illas sans passer par
le pic des Salines, itinéraire prévu au départ. Compte tenu de la chaleur,
je souhaite éviter les crêtes dénudées et profiter de l'ombre de la forêt.
Nous trouverons également une source bienvenue. Bon accueil au gîte puis
au restaurant. Après apéritif, repas et digestif, tout le monde va au
lit.
Samedi
23 août
Avant dernière journée de la traversée et le parcours ne paraît pas très
intéressant d'après la carte. Des pistes alternent avec des petites routes
entre las Illas et le col de l'Ouillat. Nous partons décidés. Au mas Nou,
nous rencontrons un naturiste réparant son tracteur. Attention monsieur,
vous pourriez vous transformer en hermine. On continue la piste au milieu
des chênes liège puis la route qui nous conduit au Perthus par les ruines
romaines de Panissards et le fort de Bellegarde. Nous retrouvons la civilisation.
Quel choc à la vue de ce cortège de voitures, de bar, de commerces!!!
Au milieu de la foule, on en profite pour se désaltérer. 4 € la menthe
à l'eau, merci monsieur!!! Nous repartons vite par la D71. A la fontaine
Rovillada, on se restaure à l'ombre. L'après-midi sera chaude. Il nous
reste 500 mètres de dénivelée à grimper tantôt en forêt, tantôt à découvert.
On arrive enfin au chalet de l'Albère à 940 mètres d'altitude. De sa terrasse,
beau panorama sur le roc de France et le Canigou. Boissons fraîches et
glaces sont les bienvenues. Pour cette dernière soirée de la traversée,
le gîte est très agréable. Après avoir siroté un moscatel, nous dînerons
en terrasse, profitant ainsi d'un beau coucher de soleil.
Dimanche
24 août
C'est la dernière!!! Départ à 7 heures. Au programme la traversée des
Albères jusqu'à Banyuls. Après avoir gravi le pic Néoulos (1256m), une
traversée de 4 heures nous conduit au pic Sailfort entre prairies et forêts
de hêtres. Du sommet, panorama immense sur la mer d'Argelès à Banyuls
en passant par Collioure et Port-Vendres. Les tours Massane et Madeloc
semblent guetter notre arrivée. Descente au col des Gascons sous la chaleur.
Repas vite avalé. Déjà, Rémi, Marie-Jo et Philippe descendent. Nous les
suivons ¼ d'heure plus tard. Gilles, participant aux semaines 3, 4, 5
monte sur le GR à notre rencontre. Plus bas nous retrouvons Henri, Suzanne,
Paul et Jacquie qui nous à conduit en bus à Hendaye et qui souhaitait
nous accueillir à l'arrivée, ici à Banyuls. Henri joue le rôle du photographe
lorsque nous arrivons sur la place principale. Photo de rigueur devant
le point 0 du GR 10 puis devant la banderole du club dressée sur la plage.
Je suis assailli de toute part et je n'aurai que peu de temps pour me
baigner. Après quelques boissons fraîches, je file dire un petit bonjour
à madame Estabes, épouse du président fondateur de notre association.
Il ne me reste plus qu'à sauter dans l'autobus pour rentrer à Toulouse.
La traversée des Pyrénées cuvée 2003 est terminée, il me reste à trier
les quelques 600 diapositives prises au cours de ce périple.
Merci
à tous ceux qui ont participé à la traversée ou à sa préparation et à
bientôt pour une soirée diapos...
Philippe
Gonzalvez.
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